dimanche 9 septembre 2012

Mongolie - Jour 14-15

 Comme il nous reste un peu de temps avant le départ de l'avion qui nous ramènera à UB, nous visitons un temple bouddhiste très récent. Comme toujours, difficile d'obtenir une traduction des conversations tenus entre notre traductrice et la moines.
Une fois à l'aéroport avec quelques heures d'avance inutiles, notre avion arrivera avec au final plus de deux heures de retard. Il fait donc complètement nuit quand nous nous posons à UB, et après un rapide repas, nous partons nous coucher dans les yourtes non sans avoir pris, Ô bonheur oublié, une douche tiède, dans une vraie salle de bain, avec murs,sol et plafond !

 Le lendemain , pluie quasiment toute la journée. Après une visite extrêmement intéressant du musée National de Mongolie retraçant les grandes lignes de l'histoire générale de la nation, nous prenons l'après-midi à faire quelques emplettes.
Ulan-Battor est une ville sale (2ème ville la plus polluée du monde), bruyante, désagréable. Même s'il est toujours vrai qu'on ne peut juger aucun pays d'après sa capitale, nous touchons ici un extrême; il s'agit en gros exactement de l'opposé de ce que peut être la Mongolie. UB est sans cesse dans les bouchons automobiles (la notion de route goudronnée n'existe pas toujours, mais cela ne semble pas gêner les conducteurs qui n'hésitent pas à doubler en roulant sur les trottoirs, entre les deux files, à sens inverse, sur les talus ...).
Le look des gens est aussi très spécial. Si pour les hommes ce sera soit une tenue traditionnelle mongole (surtout  les gens âgés ) ou un tenue décontractée, les filles adoptent en général (même les moins jeunes) un look très voyant, très coloré, très court et provoquant (mais sans que leur attitude corporelle soit pourtant en elle-même provoquante) très 'prostituée'.




Le soir venu, nous serons conviés à assister à un spectacle joué par des professionnel sur différents arts mongols (chant, danse, musique) qui s’avérera beaucoup plus intéressant que je l'avais craint.
Retour au campement, dernière nuit et décolage le lendemain. Mon plus gros regret sera que le voyage s'achève à UB. Ces deux derniers jours étaient tellement en dessous de tout ce que nous avons pu vivre jusqu'ici !
Le voyage du retour sera long, la reprise difficile. Mais ... quel voyage !

La Mongolie en quelques chiffres, cela aura été :

1 chute de cheval de notre compagnon (oui, oui, c'est le cheval qui est tombé, bien sûr :p). Heureusement, pas de bobo. Sachant que j'étais persuadé que je trouverais le moyen de tomber moi-même voire de me faire mal, on s'en est bien sortis.

2 lessives à l'anciennes dans les rivières, à faire sécher le linge comme  on pouvait. (vive les machine à laver !)

3 superbes et fabuleux chevaux qui nous ont accompagnés avec patience (pas toujours) et délicatesse (euh ... non, pas avec délicatesse en fait )
3 compagnons touristes qui auront été fabuleux et nous auront fait rire tout le long, même quand les situations ne s'y prêtaient pas forcément.

4 accompagnateurs mongols qui, même si on reste français et qu'on râle beaucoup, auront été supers. Une belle pensée pour Inchbald (Bernardo, le guide pédestre sourd-muet) et Ayuna (la cuisinère), frêres et soeurs,  qui auront illuminés à leur manière notre séjour

5 bains complets dans des rivières de plus en plus glacées. Moi qui refusais de me baigner dans une eau à une température inférieure à 25°, cela aura été ... revigorant !

Beaucoup  de chevaux, de chèvres, de moutons, de yaks, d'aigles, de buses, de belettes, de mulots, d'animaux de toutes sortes. On aura même entendu un loup au loin ! On a eu l'occasion de se faire réveiller par des yaks, de caresser un aigle, de galoper avec des chameaux, de voir un rapace chasse et même de se faire courser par un veau !

Trop de cigarettes fumées (mais à 30 centimes le paquet, ça ne compte pas, si ?)

Depuis que nous sommes revenus en France, à chaque fois qu'on me demande comment s'est passé ce voyage, je n'arrive pas à trouver les mots; non pas qu'il ne soit pas possible à raconter, mais tout ce qu'on a pu vivre est tellement éloigné de tout ce que l'on peut connaitre ici ... Même si la phrase est clichée, je pense qu'il faut seulement le vivre pour comprendre.
La dernière phrase de la brochure de l'agence avec laquelle nous sommes partis disait "Nous vous souhaitons que ce soit le voyage de votre vie". Oui, on n'en est pas loin. Vraiment. 

Mongolie - Jour 13

Dernier réveil dans les montagne, et à peine sorti de la tente, je cherche évidemment nos chevaux des yeux; mais ceux-ci sont bel et bien restés chez eux, dans ces hauts plateaux verts et sauvages.
Le petit déjeuner trainera en longueur, un peu moins joyeux que d'habitude. Nous reprenons rapidement la route en camion, toujours aussi chaotique, toujours aussi éprouvant. L'arrivé sur Khovd quelques heures plus tard se fera par les hauteurs, nous donnant l'occasion de voir la ville en entier, à moitié composée de bâtiment en dur, au centre, à moitié composée de yourtes et de troupeaux dans sa périphérie.
Nous établissons le campement au même endroit que le premier jour et décidons rapidement de partir revoir les inscriptions gravées dans la pierre aperçues lors du premier jour. Cette fois-ci, j'ai mon appareil photo, tout va bien. Nous repartons ensuite "visiter" Khovd. La ville s'avère dans la même veine qu'Ulan Bator (bâtiments carrés, en bon béton qui dure, dans le style architectural dénué de toute recherche esthétique qui caractérisait si bien l'ancien bloc soviétique).



Le plus surprenant restant les rapaces : on peut facilement comparer la population de rapaces (buses,vautours et corbeaux) de la ville à la population de pigeons de Paris ! Il y en a partout, à peine suffit-il de lever les yeux tant ils volent bas. Voir un busard posé sur des poteaux électriques en ville est quelque chose de spécial. De même que de voir des vaches ou veaux égarés dans les rues. Il s'agit tout de même de la seconde plus grande ville de Mongolie !

Nous faisons un tour au marché, puis allons visiter l'ancienne citadelle. Tout ce qu'il en reste étant un bout de mur d'enceinte abîmé et usé, il est difficile d’apprécier le spectacle. D'autant qu'après tous ces jours passés en pleine nature sauvage, nous avons un peu de mal à nous acclimater à nouveau aux voitures et aux klaxons.
Comme il s'agit de notre premier jour sans équitation/marche depuis plus d'une semaine, c'est aussi toute la fatigue accumulée, toutes les courbatures et problèmes d'estomac qui nous tombent dessus les uns après les autres.

Le repas du soir sera difficile aussi. Le mouton tué lors du début du voyage à réussi à nous contenter tout le long, mais si dans les montagnes l'air est frais et peut conserver les aliments, les restes de viande ont mal supporté ce retour à la civilisation; et de petits insectes ont élu domicile dans les restes de viandes et pataugent allègrement dans notre soupe du soir. Nous nous contentons donc de pain et de salade.
La journée à été courte et longue à la fois, après une dernière partie de carte tous ensemble, nous allons nous coucher déjà nostalgiques.

Mongolie - Jour 12

La nuit s'est avérée agitée, et la pluie et tombée longtemps sur les toits de toile de nos tentes. Comme nos compagnons avaient décidé de partir très tôt pour aller crapahuter sur le début du glacier, j'en profite pour me lever plus tôt qu'habitellement afin de les voir partir. L'ouverture de la tente semble forcer, et après avoir repoussé ce qui semble être un poids sur la tente, le haillon s'ouvre sur ... un paysage entièrement blanc : il a neigé pendant la nuit ! Encore une expérience spéciale : se reveiller sous la neige. Les dernières chutes ont eu lieu récemment semble-t-il et la visibilité à cette heure est quasi-nulle. C'est à peine si je peux distinguer les autres tentes du camp dans ce brouillard blanc.
Je retrouve nos compagnons qui sont aussi surpris que moi, est légèrement déçu : avec ces chutes, l’ascension n'est plus envisageable : même s'il n'y a que quelques centimètres à notre altitude, le glacier doit être bien plus atteint. Nous attendrons quasiement deux heures, dans l'espoir de retrouver une visibilité relative, mais force est de constater que nos projets de la journée vont être compromis. Même reprendre le cheval nous semble trop risqué. Nous en faisons part à Jaggi qui sourit. Lui non, ça ne l'inquiète pas, mais il comprend. 10 minutes plus tard, le voilà déjà sur sa monture, entrainant nos trois chevaux à sa suite dans le brouillard, avec toute l'adresse et l'aisance du mongol gardien de troupeau.
A peine disparaît-il dans le brouillard que le temps se dégage. Trop tard, nous partirons en camion ce matin.
Pendant que le reste de l'équipe prépare le camion, nous nous avançons sur la route à pied, admirant le glacier enneigé qu'on commence enfin à pouvoir distinguer. La vue est magnifique, plus rien à voir avec la vision d'hier d'une montagne avec quelques flaques de glace; désormais, la montagne entière est blanche. Chemin faisant, nous nous aperçevons que nous sommes dans un champ remplis de beaux et gros champignons. Le ramassage ne tarde pas, et lorsque le camion nous rejoint quelques minutes plus tard, nous avons rempli un sac entier. En nous voyant arriver avec notre trouvaille, le cri parmi l'équipe est unanime : 'poison, poison !' ... un peu surpris , nous cherchons à en savoir plus et découvrons avec étonnement que les mongols ne mangent jamais de champignons. Ne sachant les reconnaitres, ils préfèrent considérer que tous sont dangereux. Nous décidons que nous les préparerons le soir même pour leur faire goûter.
Le trajet en camion s'avère au final beaucoup moins confortable et plus risqué qu'à pied ou à cheval. Il s'agit de vieux camions militaires russes pouvant certes passer n'importe où, mais la notion de passagers semble avoir été reléguée au second plan. Sous le prétexte de photos ou autres excuse, nous ménagons des pauses environ toutes les demi-heures pour pouvoir apaiser nos estomacs peu habitués à tant de chaos.
L'après-midi commence à peine et nous sommes redescendus de plusieurs centaines de mètres d'altitude quand nous nous arrettons devant une yourte sur un grand plateau de montagne : il s'agit de la yourte de Yagi, le guide équestre, qui est déjà arrivé depuis longtemps avec nos chevaux.
Retrouvailles avec nos amis équidés, et avec surprise, on nous annonce qu'on va nous emmener au 'magasin' à côté acheter du tabac. Coup d'oeil à droite, coup d'oeil à gauche, le plateau est immense, vert, parsemé de troupeaux de chevaux et de quelques yourtes, pas de 'magasin' en vue. Dociles, nous suivons le guide, en profitant pour reprendre les chevaux pour un dernier galop; le 'magasin' s'avèrera être tout simplement une yourte comme les autres, mais dont le propriétaire vit de commerce de matériel de première nécessité plutôt que d'élevage de troupeaux. Surprenant.
Nous arrivons enfin à convaincre notre compagnon marcheur de s'essayer à l'équitation, Yagi lui attribue mon petit cheval pour une balade qui se passera bien. Il ne pouvait décemment pas partir de Mongolie sans  être monté sur un de leurs chevaux !
Après être allé admiré le troupeau de chevaux que Yagi nous présente fièrement comme les siens, nous faisons notre galop d'adieu jusqu'à la yourte. Voilà, c'est le début de la fin, et nous abandonnons Yagi et nos chevaux ici. Le temps de partager le thé, l'aïrak et un peu de fromage avec sa famille, nous repartons en camion en direction de Khovd. Le trajet du retour sera morne, bien qu’agrémenté des chants mongols de Degi et Ayuna; les plaines, la montagne, toutes nos chevauchées, nous sommes en train de les laisser derrière nous.
Nous nous arrêtons à mi-chemin de Khovd pour poser notre campement presque au même emplacement que quelques jours plus tôt. Après ces derniers jours, l'eau de la rivière nous semble finalement presque chaude et, une fois le campement monté, nos compagnons commencent à laver et préparer les champignons, sous l'oeil inquiet et amusé de l'équipe mongole. Le repas du soir, notre tout dernier repas dans les montagnes, sera composé de beignets de riz et de viande (spécialité mongole) et de nos champignons cuits. Un peu hésitants, les accompagnateurs se laissent convaincre de goûter pour finalement adorer le résultat. Tous les bols seront vidés avec de grand sourire de chaque côté. Dernière goutte de la dernière bouteille de vodka, retour des moustiques, demain, départ pour Ulan Bator.